De : Jean-Marie Piemme
Mise en scène : Philippe Sireuil
Avec : Philippe Jeusette, Fabrice
Schillaci.
Une caravane plantée sur un terrain vague entredeux bretelles d’autoroute. Voilà, la demeure précaire où Roger, le portier d’un très chic hôtel, rentre chaque soir pour s’enfermer dans sa solitude. Un jour, dans le fracas d’un carambolage qu’il vient de provoquer, surgit un chien des bas-quartiers, dressé sur deux pattes et à la langue bien pendue. Affamé, licencié par ses anciens maîtres pour faute grave (une franchise et un humour sans concession), l’animal entreprend de se faire nourrir et adopter par ce bonhomme bourru, mais visiblement en mal de compagnie. Les deux compères se lancent dès lors dans une joute oratoire qui les met l’un et l’autre face à eux-mêmes. Aux humiliations de leur quotidien font échos les blessures intimes, les petites et grandes lâchetés, toutes ces fêlures bêtement humaines, qui font que l’on ne sait plus, au final, qui, du chien ou du bonhomme, est le plus cabot et le plus vagabond des deux. Mordre pour mieux éveiller les consciences pourrait être le fil conducteur de ce duo attypique. Interprété par deux comédiens parmi les plus talentueux, et dans une mise en scène qui s’appuie sur l’esthétique clownesque, la pièce s’empare avec jubilation du texte de Piemme et emmène le spectateur dans différents univers, du plus joyeux à l’émotion poignante. Ce spectacle a été l’un des grands succès du festival off d’Avignon, en 2008.